Carnet de route

Rando au pays des Loups

Le 13/12/2025 par ATTAS Philippe

Les sentiers au pays des loups

 

Le départ se fait à Saint-Chély-du-Tarn, au bord de l’eau, entre les maisons de pierre et le murmure du Tarn. Le groupe s’ébroue doucement, sacs ajustés, pas encore bien calés. Thibault est déjà en tête. Il lit le paysage comme une carte ouverte : géographe dans l’âme, éclaireur attentif, il a aussi pensé au gîte, aux courses, à l’intendance. Chacun le sait, on peut marcher tranquille.

Très vite, le sentier s’élève. La montée impose son rythme. Thibault le pisteur trace la ligne, cherche le bon passage. « Tout là-haut, tout là-haut », pourrait-il dire, avec ce sourire qui promet l’effort autant que la récompense. Pour les cafiers, la sensation est déjà haute.

Michel marche en fredonnant. Il a trouvé une chanson qui lui colle à la peau, et le groupe s’en amuse : « C’est Michel ! » La musique accompagne les pas. Philippe observe, discret mais présent, souriant à l’harmonie du groupe, attentif aux silences comme aux paroles.

Chantal avance avec sa bonhomie naturelle, distribuant sourires et bonne humeur. Annie, elle, questionne le chemin : pourquoi ici, comment ces pierres sont venues là, quelle est l’origine de ces paysages. Chaque pas est pour elle une recherche de sens. Vincent ferme parfois la marche, force tranquille et sagesse posée, présence rassurante dans l’effort.

Sur le causse Méjean, l’espace s’ouvre. Le vent passe, le regard porte loin. On traverse les paysages dépouillés avant de rejoindre les environs de La Malène. Les voix se mêlent, et bientôt on chantonne :

« Au pays des loups, on marche tous debout »,

puis les cris jaillissent, longs et joueurs : « ooouuuuh », lancés à la roche et au ciel.

La chapelle Saint-Côme apparaît plus tard, posée là comme un repère hors du temps. Le groupe ralentit, observe, se tait parfois.

Puis vient la descente. Les pas se font plus souples, les conversations reprennent. Un peu plus loin, le silence s’impose à nouveau nous croisons 2 sangliers puis deux mouflons se laissent observer, immobiles sur la pente, silhouettes puissantes et discrètes, gardiens furtifs du causse.

Françoise est fidèle au rendez-vous. Elle marche sans bruit, mais on sait déjà qu’à l’arrivée, il y aura le gâteau, simple et vrai, sans esbroufe, partagé comme le reste.

Ainsi, de Saint-Chély-du-Tarn aux hauteurs et jusqu’au retour, le chemin se fait autant dans les jambes que dans les liens. Le pays des loups se traverse ensemble, pas après pas.

Le lendemain, le spectre de Brocken 

Le lendemain, le ciel est clair.

Trop clair pour les loups,????

trop clair pour les cris lancés la veille.

Les sacs ????ne sont pas vides,

les chaussures ????encore humides de chemin,

et le corps se souvient avant la tête.

Sur les hauteurs tout en haut comme le soleil, quelqu’un, je ne sais plus, remarque une ombre projetée sur la brume qui traîne ou qui flotte encore sur la vallée.

Une forme trop grande pour un seul corps.

Pas un fantôme. Un reste qui sait.

Le spectre de Brocken nous est apparu  soudainement !!!

Il vient souvent et toujours après. Quand le groupe s’est dissous, quand chacun est redevenu quelqu’un, séparé mais pas pour nous.

L’ombre ressemble à plusieurs épaules.

À des pas superposés. À une chanson qu’on n’ose plus chanter seul. Elle tremble un instant,  puis se défait doucement.

Alors on comprend : ce n’était pas une illusion. C’était la preuve que,pendant une demie journée  on avait marché presque alignés, lumière dans le dos, brouillard devant,  sans savoir exactement qui menait ni qui suivait si ce n’est notre guide Thibault.

Le lendemain, le spectre s’efface.

Mais il reste en chacun une manière différente d’entrer dans la lumière.

Et quand on retourne au quotidien,

quelque chose marche encore à côté de nous.

Merci Thibault 

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