Carnet de route
Randonnées/ Escalade en Corse
Le 03/05/2026 par ATTAS Philippe
Le voyage commence à L’Estaque, là où la lumière accroche les façades et où la mer semble respirer au rythme des départs. Sur le port, le temps suspend son cours. Françoise et Michel cèdent à la tentation simple et parfaite : une glace qui fond doucement sous le soleil, éclats sucrés d’un instant volé avant l’ailleurs. Mireille, Max et Philippe observent, amusés, résistants — pour l’instant — à l’appel des parfums d’enfance.
Le béton d’un banc devient refuge. Cinq corps qui s’ajustent, cinq présences qui se rapprochent. Les rires s’étirent, les regards capturent l’instant — une photographie vivante avant le passage. Car déjà, le ferry appelle.
À bord du ferry vers la Corse, le van disparaît dans les entrailles métalliques du navire. À l’intérieur, un autre monde : celui des couloirs étroits, des cabines minuscules où les destins se frôlent. La promiscuité rapproche, efface les distances inutiles. La nuit s’installe comme une confidence.
Françoise et Mireille prolongent les heures dans un murmure d’histoires partagées, tissant des souvenirs comme on tisse un fil invisible entre les êtres. Michel et Philippe s’abandonnent à une nuit simple, sans éclat mais pleine de repos. Max, lui, s’endort bercé par la vibration profonde — une rumeur presque musicale, prélude aux chants de Corse.
L’aube dévoile L’Île-Rousse, posée entre mer et montagnes comme un secret bien gardé. Le débarquement a quelque chose de solennel : les roues touchent la terre, et déjà une autre histoire commence. Un petit déjeuner généreux ancre les corps dans cette nouvelle journée, comme pour mieux accueillir ce qui vient.
Puis la route mène vers la famille de Max. Là, l’accueil est une chaleur immédiate, sincère. Un gâteau à la châtaigne, dense et parfumé, raconte à lui seul toute une terre. Autour de la table, les souvenirs remontent — Montauban, Saint-Nauphary — comme des paysages intérieurs que l’on revisite ensemble.
L’après-midi les guide vers Occi, suspendu hors du temps. Les pierres racontent le silence des vies passées, et la chapelle Notre-Dame de la Stella veille encore, fragile et fière. Là-haut, le regard s’échappe vers la baie de Calvi, immense, presque irréelle, où la mer et le ciel se confondent dans une même respiration.
Le jour décline à Lumio. La plage s’étire sous une lumière dorée, et les rochers dressés deviennent terrains d’aventure. On imagine des silhouettes des grimpeurs qui s’accrochent à la pierre, défiant le vide, tandis que le groupe observe — témoin silencieux de cette danse entre force et équilibre.
Dimanche, nous avions rendez-vous avec Pierre et Bruno du CAF Corse (Ajaccio ) pour nous rendre au pied des falaises de Bocognano……
Nous nous sommes répartis en équipes afin d’évoluer à notre rythme et d’atteindre nos objectifs. Pierre, Françoise, Philippe et Bruno se sont dirigés vers la grande voie. C’est au sommet, après une descente périlleuse, que Françoise et Philippe ont célébré leur exploit, fruit d’une complicité sans faille.
De leur côté, Max et Michel, évoluant avec aisance, ont choisi de corser l’aventure en réalisant une descente spectaculaire en rappel.
Lundi, nous sommes partis en randonnée dans la vallée de la Restonica. Nous avons garé le van, puis pris nos sacs, de l’eau et le repas du midi préparé ensemble, en direction du lac de Melu.
Le chemin est déjà une aventure : des sentiers qui offrent des vues saisissantes, des moments d’émotion, des silences apaisants, des éclats de rire… et partout, le bruit de l’eau, en cascades ou en chutes, de chaque côté.
Puis viennent les péripéties dans la neige : planter les bâtons, avancer sur la pointe des pieds, grimper, parfois s’aider d’échelles… Et soudain, il apparaît : le lac de Melu, gelé, majestueux.
Nous nous installons au bord du lac pour casser la croûte, mais nous ne tardons pas à repartir. La neige, qui nous avait facilité certains passages à l’aller, devient plus traîtresse en fondant le long de la roche…
Heureusement, Max est là, rassurant comme toujours, distillant ses précieux conseils — notamment celui de bien planter les talons pour la descente. Et le retour sur les chemins, notre marche a une bonne allure car se poser à une table de café et partager un bon breuvage et nos émotions sont là aussi une récompense bien mérité.
Mardi commence en douceur, autour d’un petit-déjeuner en terrasse, bercé par la tranquillité du matin. Le rythme est lent, presque suspendu, idéal pour savourer l’instant.
La décision est prise ensuite de partir à la découverte de Corte, cœur historique et culturel de l’île. La visite débute par le Musée de la Corse, niché au sein de la citadelle, qui offre un regard passionnant sur l’identité et les traditions corses.
Puis vient l’exploration de la Citadelle de Corte, perchée au-dessus de la ville, avec ses vues imprenables sur les montagnes environnantes.
Le reste de la journée se déroule sans contrainte, au fil des ruelles et des petites places, en se laissant guider par l’ambiance singulière de la ville, entre pierre, lumière et relief.
Sur le chemin du retour, un dernier objectif : repérer les accès et voies praticables pour la session d’escalade du lendemain, en complément de la randonnée déjà prévue — une belle façon de prolonger l’aventure et d’anticiper les efforts à venir.
Rendez-vous au matin avec le CAF d’Ajaccio, en présence d’Helen comme coordinatrice, accompagnée de Bruno et Michel. La journée débute dans une ambiance conviviale, avec l’objectif de partager une belle randonnée en montagne.
Nous prenons la direction des hauteurs de Corte, à la découverte de formations rocheuses remarquables comme l’Arche de Padule — en référence aux bergeries situées plus haut — ou encore l’Arcu di Scandulaghiu. Cette impressionnante sculpture granitique, perchée à environ 1500 mètres d’altitude, surplombe la vallée du Tavignano, entre la citadelle de Corte et le barrage de Calacuccia.
Portés par l’envie d’explorer davantage, nous poussons un peu plus loin et découvrons d’autres arches, plus discrètes et moins connues, qui ajoutent une touche d’aventure à la journée.
La randonnée se conclut autour d’une table de rafraîchissement bien méritée, où chacun peut se détendre et partager des échanges agréables dans une atmosphère chaleureuse.
Jeudi, nous avons pris la route en direction du site de l’Ortale, près de Corte, en Corse.
Dès notre arrivée, une évidence : l’endroit est fait pour grimper.
Dès notre arrivée, une évidence : l’endroit est fait pour grimper.
Les sacs s’ouvrent, le matériel reprend vie.
Cordes, baudriers, assureurs, chaussons… tout est là.
Cordes, baudriers, assureurs, chaussons… tout est là.
Les gestes reviennent presque naturellement, comme si le rocher nous attendait.
Autour de nous, le paysage est brut, sauvage. Le maquis, la pierre, et cette impression d’espace qui donne envie de rester toute la journée.
Très vite, les premières voies s’enchaînent.
Le rocher offre une grande variété de styles, accessible mais jamais ennuyeux.
Chacun trouve son rythme, son défi, son moment.
Le rocher offre une grande variété de styles, accessible mais jamais ennuyeux.
Chacun trouve son rythme, son défi, son moment.
Il y a les réussites, les hésitations, les encouragements. Le bruit de la corde, le souffle court, les mains qui cherchent la bonne prise. L’escalade, ici, se vit pleinement.
Et puis il y a tout le reste.
Les regards, les rires, les pauses entre deux voies. Ces instants simples qui donnent tout son sens à la journée.
Les regards, les rires, les pauses entre deux voies. Ces instants simples qui donnent tout son sens à la journée.
Car l’Ortale n’est pas un site isolé.
Autour de Corte, les falaises sont nombreuses, variées, et invitent à revenir encore et encore.En fin de journée, la fatigue s’installe doucement. Mais elle a un goût particulier — celui d’une journée réussie.
Autour de Corte, les falaises sont nombreuses, variées, et invitent à revenir encore et encore.En fin de journée, la fatigue s’installe doucement. Mais elle a un goût particulier — celui d’une journée réussie.
Une journée où le temps s’est suspendu, accroché à la roche.
Vendredi déjà, il est temps de quitter le gîte Aiti et de prendre la route du retour vers Bastia. La nostalgie commence doucement à s’installer, mais la journée nous réserve encore de beaux moments. Nous prenons le temps de nous perdre dans les ruelles de la vieille ville, entre façades colorées et pierres chargées d’histoire. Bastia se dévoile comme une véritable forteresse tournée vers la mer, mêlant caractère et douceur de vivre.
Au fil de notre promenade, nous savourons ces derniers instants insulaires, entre lumière méditerranéenne et effluves marines. Puis vient l’heure de rejoindre le port et d’embarquer sur le ferry, le cœur encore rempli des souvenirs de ce séjour, en direction du continent.
Cinq amis, partis ensemble dans le van de Max, ont quitté la terre familière pour mieux se retrouver ailleurs. Et dans cet ailleurs, chaque instant devient matière à souvenir, chaque paysage une promesse tenue.





